Âme perdue dans les tréfonds du néant...
C½ur errant dans les limbes de l'oublie...
Voguant à contre courant, combattant le flux menant à la nuit, ce noir le plus profond, ce noir dont on ne peut revenir. Pourtant cette nuit est signe d'exception...
Des voix accompagnent ce combat, traversant le silence qui figeait cette âme... perdue.
Le crépuscule révéla les magnifiques perles de l'aube, scintillant sur l'herbe émeraude. Les couleurs du ciel se reflétaient dans la rosée, drapant la plaine d'un liseré rougeâtre, enveloppant tout objet touché par cette pluie fine.
Une peau délicate effleura ce spectacle de ses doigts minces. La pâleur de cet être alliée à son étrange beauté aurait pu faire rougir jusqu'à la plus belle Azalée. Doucement elle ouvrit les yeux, découvrant deux pupilles voilées, entourées de magnifiques cercles smaragdins aux pouvoirs étranges. De fines mèches blanches s'étaient déposées sur ses lèvres vermeilles. D'un geste habile et naturel, elle les dégagea vers sa nuque tout en relevant son buste.
Souffle de vie, souffle d'espoir. Ce Corps frêle, à la triste teinte pâle, était sorti de sa léthargie par une respiration, libérant son âme du néant.
Se relevant avec douceur, détachant sa peau délicate de l'herbe trempée, son corps reprit vie.
Ses cheveux décolorés, aussi pâles que son corps, tombèrent en cascade sur ses épaules entourées d'un tissu rouge vif qui plongeait jusqu'à ses chevilles, entourant ses formes avec grâce.
Un vent doux vint s'engouffrer dans sa chevelure décolorée, laissant entrevoir un brin de curiosité dans son regard aussi pâle que son corps.
Ses lèvres embrassèrent alors la brise d'un sourire.
Elle découvrait le monde, et les beautés qu'il recelait avec un esprit avide de connaissance. Tout juste sortie de son sommeil, elle tournait déjà sur elle-même, observant et étudiant chaque chose qu'elle percevait. Elle reconnaissait chaque objet, étant sûre de les avoir déjà vu sans se souvenir de leur nom. Elle marcha vers la forêt qui entourait la plaine, à l'ouest...
Ses pieds nus foulèrent ce tapis émeraude, effleurant ce monde d'un regard neuf.
Cette fleur, cette rose rougeoyante, traversa l'air avec grâce et volupté, tout en dégageant une touchante innocence.
En quête de nouvelles émotions, elle finit par courir, désirant absolument effleurer l'arbre du bout de ses doigts fins. Etait il rude ou lisse, telle cette herbe qui l'avait enveloppé pendant son sommeil ? Les odeurs de pin se diffusaient en elle tandis qu'elle découvrait inconsciemment les picotements de la douce senteur des flots apportés par les vents du nord. Elle apposa sa main sur la tige d'un arbre et fut émerveillée devant sa prestance, sa grandeur... Elle vagabonda à travers les bois, ses pieds nus piétinants gaiement les brindilles tombées deçà delà. L'euphorie était telle qu'elle resta insensible aux picotements douloureux que lui offrait ce tapis d'épines. Ses pieds chassaient l'air et elle semblait presque voler.
Le ciel était visible grâce à la frondaison qui laissait les filets de lumière s'immiscer entre chaque feuille, chaque branche... Filets de lumière offrant de la féerie au paysage.
