La Prophétie des Flots Pourpres : Incipit

La Prophétie des Flots Pourpres : Incipit
Silence.

Calme étreinte d'une douce nuit éternelle.
Pas un cri, pas un murmure, pas un souffle ntoile la belle obscurité, la silencieuse obscurité... Une toile posée là à jamais, avec une magnifique discrétion, sans bruit, recouvrant encore et encore l'océan gigantesque de ces songes. Un ciel sombre, muet à souhait, étouffe les plaintes lointaines des contrées dites « vivantes ». Etouffées par le...

Silence...

Cette voix si charmeuse, immuable... mais que bien des choses peuvent briser.
Cette voix, lente et inaudible en apparence, celle qui enlace la nuit langoureuse de son drap tébreux. Personne ne songe à lcouter... personne. Elle permet ce que le reste ne permet pas.
Un vide au premier abord... un vide pourtant empli de sentiments divers et variés : Force éternelle permettant de se surpasser. Tout cela, bien sûr, gce à une ditation en...

Silence !

Noir.

La guerre teintée de milles et une couleurs n'a pas été encore enclenchée par les impénétrables canismes du temps.
Monochrome, seul cela émane des tréfonds colorés de la pensée. La seule teinte que la vie n'a pas su effleurer du bout de ses doigts. La teinte du...

Noir...

Bleu saphir, flammes dansantes aux courbures orangées, jaune le arraché par le voile d'un blanc éclatant, puis le rouge sanglant des flots impétueux : voi le rideau qui chire l'enveloppe unie de l'obscurité soit disant éternelle.
Comme arrachés par la vision de la mort, ces vifs lambeaux de lumières embrasent les paupières de ces deux dames endormies.
C'est ainsi que la bataille bute : les teintes explosives contre le...

Noir !

Ineffable spectacle, déchaînement incontrôlable...
Commentcrire ce que même le crépuscule ne pourrait égaler, palissant devant l'émotion crée par telle féerie ?
U
n serpent aux reflets empourprés fend l'espace, précipité par un air trop chargé en énergie. Cette déferlante de formes colorées au rythme torrentueux étale son extraordinaire charme dans une affluence habituellement obscure.
De
s cercles accomplis aux reflets incarnats exposent joyeusement leur circonférence par éclats de jade.
D
'autres se caractérisent par des formes plus droites, tel que des carrés de teintes émeraude, se déplaçant au gré des caprices des brisures se dessinant d'un bout à l'autre du macrocosme. Ces éclairs de toutes les couleurs font trembler chaque figure, en créant d'autres, tel que des triangles, dont les faces tournent pour exposer fièrement chaque couleur qui les tapisse, en passant de l'orange au bleu azuré...

Du grand saphir viendra l'ineffable rubis.
Le joyau bleu, pourtant frappé par le néant,
Demeurera ambitieux quant à son envie
De mener à bien sa quête au travers du temps...


...Ce temps qui semble ne pas avoir d'importance face à cette indicible symphonie...une mélopée s'échappe...par des intonations noyées, perdues au loin mais tellement proche à la fois...psalmodiant un poème...

Du beau myosotis azuré naîtra la rose.
Petite rose rougeoyante aux milles épines
Qui, à son bon vouloir, oubliera toute chose.
Fleur du destin épiée au-delà des collines...


Les couleurs deviennent plus fastueuses, s'harmonisant vers les teintes carmin. De violents éclairs plus impétueux déchirent l'air avec force. C'est alors que le tableau se fait plus prodigieux...apocalyptique...

Le flot écarlate se sera partagé,
Et mènera pierre et fleur au Premier Souffle.
Le flot écarlate s'échappera, bercé...
...Par un acte bref : Ici-bas, la vie s'essouffle.


Toujours sous ce même murmure divinement désinvolte...
Les couleurs froides se changent toutes en généreux bleuâtres.
Les couleurs chaudes s'embrasent pour exposer leur sanglante perfection.


Written by : Mavaha & Naalya
Picture : Eldewina
++++++
# Posté le jeudi 22 février 2007 12:53
Modifié le samedi 10 mars 2007 11:19

L'Azur Déchu du Myosotis

L'Azur Déchu du Myosotis
La chair revenait conquérir peu à peu les os usés par les années, semblant couvrir tel un linceul blanchâtre ce squelette féminin.
Les cheveux,
eux-aussi, émanaient de ce crâne morcelé petit à petit reconstitué par une magie... inconnue... Des cheveux dont la couleur brune suffisait simplement à faire renaître les souvenirs enfouis sous le néant.
La soie bleue, seul tiss
u enveloppant ce corps de nouveau créé, renaissait enfin, colmatée doucement, guérie de ses blessures que seul le temps et les mites savaient infliger. Bien vite, une femme vêtue donc d'une robe azurée naquit une seconde fois en ce bas monde... Le teint cadavérique, les cheveux d'un noir intense ainsi que la couleur de son habit caractérisaient si bien cette légendaire Dame Bleue...
Son c½ur avait fin
alement achevé sa résurrection.

Place à l'esprit...
Ce de
rnier n'avait laissé aucune trace, envolé pour de bon de cette prison de bois, de cette boîte infernale et pourrie, de ce... cercueil.
L'appel p
récédent de cette magie inconnue, certes énigmatique, amenait cependant un à un ces lambeaux d'âmes déchirés aux quatre coins de l'univers en ce corps fébrile et fallacieusement neuf...
Les secondes pou
rsuivaient leur fuite, s'échappant sans bruit par les fissures de la terre, regagnant l'air libre tout en vieillissant encore et encore les landes alentours.
L'un derrière l
'autre, ils pénétrèrent le nouvel être, le corps putréfié de cette femme... Mais qui ? Les lambeaux d'âmes... ¼uvre malheureusement dérisoire. Puzzle à jamais disloqué, impossible à reconstitué pour cause de pièces trop abîmées et d'autres manquantes... L'esprit, bien que présent et enfin bercé par l'enveloppe charnelle de la Dame Bleue, demeurait brisé, incapable de reprendre vie correctement.
Âme
condamnée à gémir silencieusement en cet être enragé et désespéré, à se plaindre tel du verre fracassé à terre et que l'on piétine sans pitié...

L'appel, venu d'
au-delà des collines... ne suffisait guère à lui insuffler le tout premier souffle que le nouveau-né déchirait de ses sanglots stridents.

Ainsi, en cette
nuit ténébreuse, la Dame Bleue se vit offrir une seconde chance, une seconde vie... enfermée dés sa renaissance entre les parois ignobles érigées par la haine et la détresse ; seules émotions régnant aux creux de son petit c½ur sans doute en proie à la sécheresse.

Ses paupières s'ouvrire
nt brusquement.
Les images du
passé refirent surface telles des lames aiguisées, rouillées par les assauts temporels, transperçant froidement les tripes et l'estomac.
Des c
ris, des paroles, des champs, une fermette, le soleil ardent d'une soirée d'été... un enfant... une enfant... sa fille.
Chevelure brune se balad
ant entre le ciel bleu aux nuages blancs et les champs étalant leur palette de bronze et d'or.
Sa fille...
Pui
s la vues des lames d'acier, des horreurs nommées épées. Flots pourpres... fontaines écarlates... pluies sanglantes...
S
a fille...
Les ép
ées...
Les cris..
.

A brûle-pourpo
int et d'un seul geste, comme guidé par la haine qui broyait les lambeaux de son âme, son poing blême et fragile frappa le bois au dessus de son bas-ventre. Le bois qui... céda...
Une casc
ade impétueuse et arrogante de terre asséchée pénétra le cercueil avec force et démence. Celui-ci s'emplissait peu à peu tel un sablier géant, marquant encore plus la fuite des secondes frivoles et diffuses.
Tandis que l'a
ssaillant rugueux emplissait la prison de bois, la Dame Bleue ne ressentait ni panique, ni étonnement de ce manque de sentiment... Pourtant si étrange cela soit-il...
De p
lus en plus, le couvercle de bois s'arracha et une ouverture béante éventra la cercueil. Ce dernier, agressé par les caprices du temps, avait largement failli devant la moisissure, la pourriture et les armées vils et mesquines des insectes...
Une main perça
les défenses de la terre, s'agrippant à ses entrailles avec haine. L'autre l'imita rapidement et le corps tout entier s'engouffra dans ces méandres menant paradoxalement à l'air pur... à la liberté... à la vie retrouvée...
Son corps, sa lo
ngue robe bleue quittait le cercueil avec détermination.
L'effort dé
ployé était énorme. Lutter contre la puissance de la terre, le poids des roches et l'écrasement de ce corps terreux. Lutter contre la puissance même d'un élément qui avait tenté de la retenir durant tout ce temps.
Les racin
es des arbres ou des petits arbustes, gardiens immuables du cimetière, arrachaient avec violence les cheveux qui osaient s'aventurer en ces contrées inhospitalières. Les pierres du sol entaillaient quelque peu la peau fraîche et cadavérique de la Dame Bleue, riant avec enthousiasme de leurs actions puériles et fourbes. Les vers, d'une envergure impressionnante, avait élu comme domicile les sous-terrains de cet endroit particulier... Et cette terre qui devenait de plus en plus molle... de plus en plus humectée de cette pluie acide.

Et voilà
que le poing de la Dame Bleue rompit la surface du sol humide. Première victoire, première revanche...
Sa seconde main ne tarda pas à la vaincre également, malheureusement plus frêle et moins déterminée, mais présente tout de même.
La Dame
Bleue devait s'extirper de cette prison meurtrière avant que la Terre ne la rejète une seconde fois, l'empêchant de savourer sa nouvelle chance. Hors de question qu'elle ne se reperde dans les tréfonds incompréhensibles du rejet des cieux divins et des entrailles endiablées de l'univers. Mais elle était si faible... et l'élément si fort...

Elle abandonna...


Written by : Mavaha
# Posté le vendredi 09 mars 2007 18:41
Modifié le jeudi 22 mars 2007 17:10

Rose à la Rosée

Rose à la Rosée
A quelques lieues de là...

Âme
perdue dans les tréfonds du néant...
C½ur errant dans les limbes de l'oublie...
V
oguant à contre courant, combattant le flux menant à la nuit, ce noir le plus profond, ce noir dont on ne peut revenir. Pourtant cette nuit est signe d'exception...
Des
voix accompagnent ce combat, traversant le silence qui figeait cette âme... perdue.

L
e crépuscule révéla les magnifiques perles de l'aube, scintillant sur l'herbe émeraude. Les couleurs du ciel se reflétaient dans la rosée, drapant la plaine d'un liseré rougeâtre, enveloppant tout objet touché par cette pluie fine.
Une
peau délicate effleura ce spectacle de ses doigts minces. La pâleur de cet être alliée à son étrange beauté aurait pu faire rougir jusqu'à la plus belle Azalée. Doucement elle ouvrit les yeux, découvrant deux pupilles voilées, entourées de magnifiques cercles smaragdins aux pouvoirs étranges. De fines mèches blanches s'étaient déposées sur ses lèvres vermeilles. D'un geste habile et naturel, elle les dégagea vers sa nuque tout en relevant son buste.
S
ouffle de vie, souffle d'espoir. Ce Corps frêle, à la triste teinte pâle, était sorti de sa léthargie par une respiration, libérant son âme du néant.
Se relevant avec douceur, détachant sa peau délicate de l'herbe trempée, son corps reprit vie.
Ses c
heveux décolorés, aussi pâles que son corps, tombèrent en cascade sur ses épaules entourées d'un tissu rouge vif qui plongeait jusqu'à ses chevilles, entourant ses formes avec grâce.
Un v
ent doux vint s'engouffrer dans sa chevelure décolorée, laissant entrevoir un brin de curiosité dans son regard aussi pâle que son corps.
Ses lèvres em
brassèrent alors la brise d'un sourire.
Elle découvrait le
monde, et les beautés qu'il recelait avec un esprit avide de connaissance. Tout juste sortie de son sommeil, elle tournait déjà sur elle-même, observant et étudiant chaque chose qu'elle percevait. Elle reconnaissait chaque objet, étant sûre de les avoir déjà vu sans se souvenir de leur nom. Elle marcha vers la forêt qui entourait la plaine, à l'ouest...
Ses pieds nus foul
èrent ce tapis émeraude, effleurant ce monde d'un regard neuf.
Cette fleur, cette
rose rougeoyante, traversa l'air avec grâce et volupté, tout en dégageant une touchante innocence.
En quête de nouvelles
émotions, elle finit par courir, désirant absolument effleurer l'arbre du bout de ses doigts fins. Etait il rude ou lisse, telle cette herbe qui l'avait enveloppé pendant son sommeil ? Les odeurs de pin se diffusaient en elle tandis qu'elle découvrait inconsciemment les picotements de la douce senteur des flots apportés par les vents du nord. Elle apposa sa main sur la tige d'un arbre et fut émerveillée devant sa prestance, sa grandeur... Elle vagabonda à travers les bois, ses pieds nus piétinants gaiement les brindilles tombées deçà delà. L'euphorie était telle qu'elle resta insensible aux picotements douloureux que lui offrait ce tapis d'épines. Ses pieds chassaient l'air et elle semblait presque voler.
Le cie
l était visible grâce à la frondaison qui laissait les filets de lumière s'immiscer entre chaque feuille, chaque branche... Filets de lumière offrant de la féerie au paysage.

Written by : Naalya
# Posté le dimanche 11 mars 2007 10:10
Modifié le dimanche 11 mars 2007 12:35

Corps Blanc

Corps Blanc
Deux Dames teintées de vives couleurs venaient enfin d'apparaître à la surface de la conscience...
L'u
ne aux creux d'une plaine timidement léchée par la langue de l'aube... Rose à la Rosée...
L'autre, en
core perdue entre les serres putrides des racines, se débattait de plus en plus fébrilement... enfouie sous les secrets ancestraux du cimetière.

Deux Dames éveil
lées simultanément en deux lieux différents...
Frappante coï
ncidence.

Râle rauq
ue des vents.
L'air v
ibra, ridé par les ondes paisibles des...
Bruissements inlas
sables et réguliers, de plus en plus sonores, s'approchant d'un certain point d'atterrissage...Bruissements encore. Bruissements contre silence. Combat étrange, entre gagnant et perdant interminablement changeants.
Quelle v
oix était-ce ? Quel chant était-ce ? Une mélodie glacée par le silence cru du cimetière ?
Telle était la perception sonore de la Dame Bleue à demi éveillée... à demi entere...
I
ncompréhension totale de l'univers qui l'enlaçait d'une étreinte volontairement complexe.

L'air ondula une énième fois, secoué par un corps étranger qui semblait l'avoir nétré sans réelle autorisation... Mais... Qu'était-ce ?
La poussière qui drapait les lieux d'un linceul ténébreux se souleva quelque peu... soufflé par l'ondulation anormale de l'air.
D'impures volutes naquirent finalement non loin des pierres tombales alentours. Des volutes qui agonisèrent ensuite sur l'herbe anarchique et morbide... Des volutes... Nuages spiralés de poussières sibyllines...
D
eux cercles creusés lentement et finement par ces ondes paisibles se dessinaient sur le sol mou du matin. Et toujours, éternellement cette question qui revenait, par écho, agresser le peu de raison qui subsistait... Qu'était-ce ?

L
a Dame Bleue agonisait presque, emprisonnée par la terre perfide et sadique. L'étreinte mortelle se resserrait sur elle, comme destinée à reprendre ce qui n'avait pu être pris... comme destinée à croire les fallacieuses promesses faites par la Mort...
Ell
e ne se débattait plus...
Ne
percevant uniquement ces ondes paisibles qui lui caressaient le visage, lui remuaient les cheveux et lui faisaient battre faiblement les paupières.
E
lle ne se débattait plus...

P
resque de manière fortuite, elle laissa son regard voguer vers les cieux embrasés d'une fraîche matinée. Redressant la tête dans un ultime effort, plissant un front terreux et griffé, n'ouvrant qu'à demi-clos ses yeux, elle perçut un... un... un corps blanc...Ce fut en tout cas les premiers mots qui lui vinrent à l'esprit, aussi morcelé fût-il. Un corps blanc, dressé telle une statue de glace devant l'astre rougeoyant. La silhouette était imprécise et se dressait devant elle, ne bougeant pas d'un pouce, figée dans une allure de pureté indicible, elle patientait. Son être filtrait les rayons de l'aube, les renvoyant avec vigueur. Des rayons envoyés par l'½il des cieux. Des rayons qui semblaient ricocher sur cet individu au corps blanc. Corps blanc... Corps blanc...

Les ima
ges suivantes furent toutes aussi incompréhensibles les unes que les autres.
La D
ame Bleue tentait de ramasser sur le sol les lambeaux de perceptions qu'elle semblait pouvoir attraper. Des sons ou une vision. Un goût ou une odeur. Et pourquoi pas un contact ?
Ce
dernier l'aborda sans qu'elle ne le sût vraiment...

Elle quittait terre.
On
l'arrachait du sol.
On la libérait de cette prison dite immuable.
El
le quittait terre.

D'
un bref regard, elle découvrit qu'une main éclatante la soutenait sous les épaules... Mais elle ne le sentait pas.
D'une brève inspiration, elle sentit la pourriture de son corps cadavérique céder place à une senteur toute autre... une senteur que l'on aurait assimilé à une belle et jeune rose... une senteur apportée par les vents du sud...
D'une brève bouffée, elle assimila le gt de l'aura inconnue à celle de l'Evasion à l'état pure...
D'
un bref contact, elle effleura ce qu'elle qualifiait de corps blanc...
D'u
ne brève écoute, elle peut le mot de l'inconnu, du sauveur à l'éclatante soudaineté...

D'u
ne brève écoute...

«
Mavaha »

Written by : Mavaha
# Posté le mercredi 21 mars 2007 17:00
Modifié le jeudi 22 mars 2007 17:08

Inspire, Expire... Fuis.

Inspire, Expire... Fuis.
Des cris stridulants s'échappèrent de part et d'autre de la forêt, accompagnés de frémissements précipités par delà les feuilles. Ce tocsin de la nature retentit jusqu'aux oreilles de la jeune femme dont les sens se mirent en alerte.
Lent
ement, elle tourna la tête vers le point de départ de la débâcle...puis plus rien...plus aucune vibration...
Tou
tefois, ses pieds reprirent la marche, mais d'une allure plus vive.
À
mesure que son souffle s'accélérait l'atmosphère se fit plus pesante. Le silence était tel, qu'elle discernait jusqu'aux contractions de son c½ur. Ce fut, à ses oreilles, outre ses pas précipités frôlant le tapis végétal, la seule source de vie, ou du moins la seule discernable.
Pour autant ! L'appréhension l'oppressait sans pouvoir s'en arracher. Car l'ignorer aurait été comme se persuader qu'il n'y a pas d'eau pour finalement finir noyé.
Une
intonation lui insufflait de fuir, de quitter ce lieu où l'ombre grandissait pour affliger le sol, peu à peu.
Cet
te inflexion, fait avancer ou incite à s'arrêter. Cette parole sait dire oui comme non. Cette voix ne chante que quand on l'écoute. Et nous l'appelons : l'instinct. Chant lugubre émanant de l'inconscient, cette strate du psychisme inconnue de notre conscience, pourtant, si importante.

Ent
re deux respirations saccadées, la messe de la peur envahit les lieux, sans autre bâtisseur que ce silence, cette oppression, cette asphyxie.
Pu
is, enfin, le vent se leva, augurant la continuité, bordée de sons inquiétants...une marche au retentissement sourd.
Brusque
ment, des hurlements de rage accompagnèrent cette cacophonie.
L'appréhe
nsion devint peur réelle.
U
ne course débuta alors, accompagnée d'un vent s'évertuant à briser ces frêles jambes parcourues d'un tissu pourpre.
Petite rose
courait à en perdre haleine.

Inspire............expire............inspire............expire
Les p
ieds nus sur l'herbe humide accompagnant le son des tambours.
Inspire
.........expire.........inspire.........expire
Le c½
ur battant sur des rythmes tribaux.
Les yeux fuya
nt un point précis, agressés par le vent de la nuit.
I
nspire......expire......inspire......expire
Les jo
ues imprégnées de larmes. Des gémissements...accompagnant la fuite de ses jambes.
Cou
rs !
La peur..
.L'effroi...La détresse.
Inspire.
..expire...inspire...expire
Cours !
Fuis !
Inspire
expire inspire expire
Respire !


Hal
etante, les yeux embués, l'âme affolée, le corps exténué. Les jambes cédèrent...
Son c½ur se déchira et de nouvelles larmes affluèrent, tapissant ce sol déjà trempé d'un océan cristallin.

L
es tambours de guerre résonnèrent plus fortement, faisant vibrer les armures des soldats au rythme de leur pas. Grognements et injures accompagnèrent ce tableau de bellicisme indicible.

Je
t'en supplie...fuis...

Les
lances dressées au ciel, le souffle saccadé, tels des animaux assoiffés de sang...ils étaient au nombre de quatre et firent vibrer leur rage aussi terriblement que toute une armée.

Ses p
aupières finirent de recouvrir ses yeux embués, rougis par l'agression du vent. Dans un état second, ses jambes relancèrent la course...une course observée par l'½il attentif de l'astre solaire. Cet astre qui donnait vie aux arbres au travers de leurs ombres menaçantes. Un doigt effleura son épaule carmin, un autre tenta de couper sa course, un autre lui captura le visage puis un autre, plus grand, l'extorqua toute entière. La voûte céleste suivait ses pas au travers des bois, les comptait, mais cette enfant, elle, ne désirait pas qu'on l'épie.

Le vent s'ar
rêta de chuchoter, et les bras de ces monstres de bois cessèrent de s'articuler. Le calme envahit la sylve tandis que l'astre de la nuit perdait de son éclat, enténébrant le sol.

Ses paupi
ères bornèrent ses yeux, et ses pieds cessèrent de fouler ce sol humide. L'écrasement fut rapide et indolore. Son seul souvenir fut les battements ralentis de son c½ur, puis ce corps blanc, aux ailes éblouissantes et aux bras rassurants...achevé d'un doux murmure :

« Naalya »




Written by : Naalya
# Posté le dimanche 25 mars 2007 17:12
Modifié le vendredi 30 mars 2007 13:28